Hovert : au plus profond du Black Metal

 

La curiosité musicale donne parfois lieu à d’étranges découvertes. On rencontre des sons ou des ambiances que l’on n’aurait jamais pu imaginer. Hovert fait partie de ces perles rares. Sortie du fin fond de la Russie, ce projet solo de Black Metal en étonnera plus d’un avec son ambiance anxiogène et ses sonorités agressives. Bienvenue dans les bas-fonds du Black !

Un pur produit du Black Metal Ambiant

Difficile d’obtenir des infos sur cet énigmatique projet solo. Fondé en 2010 par Alever, Hovert constitue une parfaite illustration de la mouvance Black Metal. Ce sous-genre du Heavy Metal se caractérise par une voix stridente, des blast beats à la batterie ainsi qu’une guitare rapide et aiguë. Un clavier vient parfois apporter des motifs plus épiques ou romantiques. Des groupes comme Emperor, Cradle Of Filth ou encore Darkthrone constituent les plus gros représentants de ce vaste univers, dont la force réside surtout dans sa scène underground. Les thématiques abordées tournent autour du nihilisme, de la mort, du satanisme ou encore de la misanthropie. Les plus maniaques dans l’art de la classification des groupes placeront Hovert dans le DSBM – Depressive Suicidal Black Metal. Et oui, ça existe…

Une mélodie agressive

L’album Больше ничего, sortie en 2013 chez Le Crépuscule Du Soir, offre un bon aperçu des productions de Hovert. Agressif, le son aigu porté par une voix hurlante et une guitare à forte distorsion illustre tout le côté glauque et oppressant de l’univers d’Alever. Si les chansons comme Неизлечимые раны ou Больше ничего possèdent un rythme parfois soutenu, la force de l’album réside dans l’atmosphère. Bien que cela soit masqué par l’ambiance morbide et étouffante, le rythme s’avère bien plus calme que les productions habituelles de groupes de Black comme Cradle Of Filth ou Immortal. Intro et Каждый раз ouvrent et clôturent l’opus. Ces deux morceaux apportent une atmosphère plus posée, sans pour autant atténuer le sentiment de mal-être.

Au plus profond du désespoir…

Hovert, c’est un voyage au cœur du pathos. La musique fonctionne comme une sorte de soupape d’où ressort toute la tristesse, toute la haine que peut ressentir un Homme. Une haine accentuée par la sonorité agressive que possède parfois la langue russe. Les paroles racontent ce mélange de misanthropie, de rage et de désespoir. Ce déversement de mélancolie nous atteint au plus profond de nous-mêmes. Comme si nous partagions ces sentiments exacerbés via une sorte d’inconscient collectif… « Mais c’est du bruit ! », râleront les profanes étroits d’esprit. Certes, l’aspect brutal déroute complètement. Mais l’ambiance et le contexte d’écoute s’avèrent indispensables à l’appréciation de cette musique si particulière. De par sa nature, le Black Metal possède une dimension élitiste. Il ne vise pas à satisfaire un public mais à exprimer un univers, une émotion.

Aux curieux de faire le premier pas…

Crédits photos :
metal-archives.com

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